" Déclinaisons sauvages " est construit comme une expérience narrative fragmentée racontant l'effondrement à travers des fractures intimes en Condroz belge. Le récit délaisse la voix unique pour une polyphonie éclatée : cinq personnages tissent un puzzle tragique où leurs paroles se répondent. Cette structure en mosaïque reflète la difficulté de dire le monde quand les certitudes vacillent, explorant une relation au temps où le passé surgit par flashes et souvenirs sensoriels.
L'écologie y est une manière d'habiter le texte : la forêt est un sujet vivant interagissant avec les humains. L'écriture cherche à réduire la distance entre le corps humain et celui du monde, refusant l'anthropocentrisme via des métaphores animales et végétales.
Le projet interroge les protagonistes au-delà d'une dualité homme-femme caricaturale. Loin de simples clichés d'opposition, les personnages explorent activement d'autres manières d'être et d'être aux autres. Ils s'affirment dans une quête pour dépasser les assignations sociétales, cherchant des formes de présence inédites face à la crise. La question solidaire est centrale : comment construire une communauté quand les individus sont broyés par leurs secrets et leur destinée sociale ? Le livre explore la beauté et les limites du collectif. Enfin, la transmission des luttes au sein des structures familiales pose la question d'hériter sans reproduire les erreurs. Mêlant prose poétique et correspondances fictives, l'œuvre tente de raconter la tragédie contemporaine sans juger, mais en comprenant comment chacun invente sa place dans un monde qui se dérobe.