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Le boson a 10 ans !

 

Le 30 janvier 2013, le boson ouvrait ses portes pour la première fois au public. Premier accueil, premiers échanges autour d'une première création théâtrale. Je me souviens de la chaleur des encouragements, de mes peurs avant le lever de rideau, -et après -, de l'écoute magnifique du public, de mes notes balbutiantes aux acteurs.

Pour moi, ce premier jour du boson s'inscrivait dans le prolongement de ma deuxième naissance pratiquement 10 ans plus tôt encore, quand j'ai entamé la longue route vers moi-même (voyage toujours en cours et pas près de se terminer !). Prolongement plein de sens, car le jeu, cette activité propre à l'enfance, mais qui a aussi été au cœur de mon attention sur la scène du boson, est aussi, contrairement à ce qu'on pourrait croire, un chemin vers soi-même. Pas question donc, au boson, de faire semblant, de faire croire, de manipuler les esprits et les sensibilités ! On veut du vrai, du sincère, de l'authentique pour explorer notre belle et humble humanité, loin des héros de nos rêves grandioses, loin des clichés simplificateurs et rassurants, loin de cette fausse légèreté sensée nous distraire de nous-même, loin des conventions et du politiquement correct.

Et cela tombait bien au boson puisque la salle est si petite, les acteurs si proches, que le moindre mensonge se voit comme le nez au milieu du visage.

Je revois les uns après les autres ces moments de répétition où l'on a souvent pataugé à la recherche de cette vérité simplement humaine. Être ensemble est ce qui nous a le plus aidé, avec Vincent, Jean-Marc, Florence, Gaëtan,Thomas Sébastien, Antoine, Patrick, Anne, Michel, Laurent, Noémie, Thierry, Patrice, Rémon, Benoît, Jo, Christian, Valentin, John, un autre Gaëtan, Patricia, une autre Noémie, Matthieu, Catherine, un autre Benoît, Françoise, un autre Michel, Nicolas, Julie, Clément, Zoé, Jean-Noël, Céline, Camille, un autre Nicolas, Marie, Élise, un autre Thomas, Francesco, Chandra, un autre Sébastien, Renaud, Quentin, Tim, Inès, Sylvain, autant de rencontres qui mériteraient chacune des pages entières d'impressions, de sentiments et de découvertes, autant de moments magiques partagés !

 

A côté de nos créations maison, il y a eu des accueils de spectacles, de compagnies en résidence, d'auteur.e.s en résidence et cette fois une liste plus longue encore de rencontres, de partages, d'écoute mutuelle et de moments forts. Je veux en citer quelques-uns qui sont venus et revenus au boson, qui en sont devenus des parties constituantes sans qui le boson ne serait pas le boson : Benoît et son théâtre de la Chute, Thierry et ses histoires belles et sombres, Valentin, Michel et Noémie avec leur Tribu,... 

 

Les années Covid ont été pour le boson l'occasion d'un changement de cap vers une destination plus radicale. C'est pour enrichir ce tournant que j'ai sollicité Pascal Crochet. Nous voulons soutenir les paroles nouvelles sur le vivre et l'agir maintenant, les aventures citoyennes, permettre à ceux qui veulent partager des savoirs, des pratiques singulières de venir les déposer au boson et rencontrer le public (en mars prochain Toutes ces voix, toutes des voies, un mois entier de rencontres et de partages autour de l'identité féminine). Nous accompagnons aussi ces nouvelles voix au plateau quand le besoin s'en fait sentir et que les envies sont réciproques. Nous nous ouvrons davantage à notre quartier aussi, dans un souci de proximité et de liens à (re)nouer avec ceux qui se sentent loin des institutions culturelles. A nouveau, des rencontres, de nouveaux partenariats hors des sentiers institutionnels classiques, comme par exemple avec la Bibliothèque Vivante ou le Syndicat des Immenses. Je voudrais pouvoir citer toutes ces rencontres, tant elles m'ont touché, construit et nourri ! En particulier ta présence, Pascal, toujours bienveillante et juste, assertive et vivante, inventive et drôle, apporte au boson ce supplément d'âme et de soins devenu si rare aujourd'hui.

 

Par ta présence, tu as aussi rendu possible mon envol vers la Drôme, où je développe une nouvelle forme qui fait usage du jeu pour vivre des situations humaines inédites, les laboratoires de l'humain. Tout cela en pleine nature, loin de l'agitation de nos villes. Des liens vont probablement se tisser prochainement entre la Drôme et Bruxelles, dont la nature reste encore à inventer, mais qui garderont en commun cette attention au vivant qui caractérise ces lieux d'accueil.

Je veux m'adresser enfin à celles qui étaient ou sont toujours là, chaque jour, au boson et qui lui donnent vie et font de lui un lieu où l'on se sent accueilli vraiment, avec cette sincérité et cette simplicité qui me sont chères, Marie-Antoinette, Noémie, Sophie, Marie, Marlène et Laura. Un immense merci à vous pour vos soins, votre énergie, vos compétences, vos idées créatives, mais surtout pour votre engagement.

Et à toi aussi, ma chérie, qui soutient, inspire et nourrit le boson, merci de sa part et de la mienne de tout ce que tu nous apportes avec élégance et discrétion. 

 

Longue vie à vous tous.tes. Longue vie au boson !

 

Bruno Emsens