Édito 22

© Carl Norac
© Carl Norac

Comme nous vous l’avions annoncé, le boson a entamé sa mue… avec l’envie de faire de ce lieu un espace d’accueil et de partage de pratiques singulières. Nous voulons mettre en lumière des formes qui ne relèvent plus seulement du théâtre et qui proposent des façons originales de témoigner, raconter notre monde en transformation, habité de nouvelles réalités et consciences.

Mais notre évolution ne s’inscrit pas seulement dans la programmation.

Elle est également présente dans le choix de pouvoir désormais vous accueillir à un tarif plus accessible. Lors de notre changement de cap en ce début d'année, nous avions opté pour une participation consciente et solidaire avec un minimum de 5 €/personne pour permettre à (presque) toutes et tous d'y accéder. L’expérience de ces 3 premiers mois montre qu'avec nos modestes moyens (le boson est peu subsidié), les artistes ne sont pas suffisamment soutenu·e·s. Raison pour laquelle nous proposons de fixer la contribution consciente et solidaire à 10 € minimum et de reverser l'intégralité de la billetterie aux artistes. Certains événements restent accessibles gratuitement, à la demande des artistes.

 

Et aussi dans :

- notre projet d’accompagner de jeunes démarches et de prendre le risque de vous proposer des moments fragiles.

- le souhait de voir chaque soirée se prolonger par un temps d’échange avec l’équipe ou des éclaireur·se·s en lien avec la/les thématique·s abordée·s.

- la volonté de poursuivre et développer nos accueils en résidence de plateau et d’écriture. 

- le désir de s’inscrire dans un environnement local et participer à des initiatives citoyennes.

 

Comme nous l’avions esquissé lors de notre « bazar d’octobre », nous souhaitons une programmation non plus étalée sur toute l’année mais qui se concentre autour de 3 ou 4 temps d’échange. Entre ces moments de visibilité, nous poursuivrons nos accueils et l’accompagnement de projets en construction.

En ce printemps tumultueux, nous sommes heureux·se de vous faire découvrir des paroles et des démarches de femmes qui œuvrent à la frontière du théâtre, du cinéma militant et de l’activisme poétique. Il n’y a pas de hasard. Elles exigent aujourd’hui de pouvoir enfin faire entendre leurs paroles… paroles de luttes, de revendications et d’inventions. Dans les accueils en résidence (écriture et plateau), ce sont majoritairement elles qui investissent nos espaces. Notre programmation se doit d’en témoigner, par goût et par conviction.

Comment partager une expérience de militance écologique à la scène, en proposant aux spectateur·rice·s d’en faire l’expérience intime ? Comment inventer une forme cinématographique (et par la suite théâtrale) qui aborde le thème de la grossophobie  Comment réinvestir l’espace public au travers d’actes poétiques ?

Autant de questions et autant d’inventions pour parler du vivre et du faire aujourd’hui, dans un moment de basculement radical. 

 

Marlène, Bruno et Pascal