Les résidences

Un pas de côté

vers l'inconnu

© Raul Varzar
© Raul Varzar

Pas facile de sortir de son chemin tracé : manque de temps, peurs, habitudes…

boson, Corridor et Fabrique de Théâtre s’unissent pour vous permettre

Un pas de côté

Vers l’inconnu

 

Une bourse de recherche d’un montant de 1.000 € par projet + un contrat de travail d’une semaine à la Fabrique de Théâtre.

Et trois résidences d’une semaine (avec logement) pour soutenir un projet qui vous dévie de votre route et pourrait changer le tracé de votre chemin.

Pour tout.e artiste (ou duo d’artistes, 2 personnes max) qui se définit comme tel.le… ou pas encore.

 

Pour cette première édition (2021), nous accueillerons dans chacun de nos lieux :

Marie-Laure Vrancken

Je suis artiste de scène, comédienne et je pratique la performance en résonnance avec d’autres disciplines, danseur.euse.s et plasticien.ne.s. Je me glisse dans l’écriture à certaines heures. Je suis artiviste sur le terrain de la militance contre le nucléaire - militaire d’abord et son autre face, le civil. Je suis animatrice dans une association d’éducation permanente où je mène avant tout un travail de terrain dans la lutte pour la dignité envers les personnes sans-papiers.

Pour ce pas de côté, je me plonge dans une manne de matériaux accumulés depuis juin 2016 et ma rencontre insolite avec Sylvia, une vieille dame anglaise militante pacifiste anti-nucléaire. Pour donner une forme à cette mémoire… ou tout aussi bien la faire exploser, et qu’il n’en demeure qu’une seule ombre…

Quelques mots écrits après la clôture du projet :

« Un pas de côté : je tourne en rond... c'est une sensation ! »

Petite voix que je me suis entendue à la fin des trois semaines de résidence. Période de suspens et de chaos dans mon travail / occupation professionnelle, qui ne m'a pas permis de trouver l'état de sérénité et de disponibilité. D'autant que les artistes pressenti.e.s pour m’accompagner ont décliné. Cette solitude inattendue m'a pesée d'autant plus qu’elle intervient temporellement dans une période sociétale de retrait et repli imposé les un.e.s aux autres... 

Là où je souhaitais le partage et renourrir avec d'autres, il me faut reporter les rencontres. 

Page blanche me nécessitant de digérer et infuser ce deuil d'autres présences artistiques. 

Aussi... parallèlement, j'ai été très touchée par la bienveillance que chacun des trois lieux et "leurs habitant.e.s" m'ont offerte. Ainsi que par la rencontre avec les autres artistes des projets sélectionnés. Cette qualité et cette humanité m'ont beaucoup aidée.

Marie-Laure Vrancken

 

Fanny Goerlich

J’ai fait des études littéraires avant d’enseigner le français durant quelques années en Espagne et en Roumanie. Durant ces années, j’ai découvert le collage et cette technique m’a de suite séduite : le rapport corporel et sensoriel au papier et aux images, les possibilités de détournement, de questionnement, d’humour et de subversion.

Durant cette résidence, je veux travailler sur l’acte préliminaire de mes collages : déchirer des images et des textes dans des livres. J’aimerais réfléchir à cette déconstruction concrète de l’objet-livre et par là, à la désacralisation de l’art et des savoirs.

Qu’est-ce que l’on peut toucher ? Qui peut toucher ? Pourquoi est-ce qu’on prend soin des livres ? Qu’est-ce que cela veut dire prendre soin d’un livre ? D’où vient le plaisir ou l’horreur de la déconstruction ?

Je vais explorer une autre forme artistique, la performance, pour tenter de partager ma joie de la déconstruction et penser collectivement le statut sacré de l’art et des livres.

 

Carolina E. Santo et Christelle Nicolas

Nous sommes deux chercheuses par nature, ayant abouti à l’université, chacune dans sa discipline respective : Carolina dans les arts performatifs et Christelle dans la théorie de l’art.

Notre « pas de côté » est tout d’abord un « pas de deux » qui nous permet de tricoter nos disciplines. Notre « pas de deux de côté » est de sortir le savoir de son contexte académique pour l’emmener vers une pratique participative et faire du théâtre notre laboratoire vivant de la connaissance.

Notre projet commence par une collecte de 101 protocoles que nous allons glaner chez des artistes et des théoriciens, qui sont des manières de faire qui pensent et/ou des manières de penser qui font ; et que nous souhaitons transformer en recettes à activer, à jouer, et à performer dans un but d’émancipation intellectuelle par le corps et l’action.

Quelques mots écrits après la clôture du projet :

Nous voici arrivées au bout des trois résidences de cinq jours avec la complicité des équipes des théâtres, pour faire un « pas de deux de côté » depuis l’université vers le théâtre participatif comme laboratoire de la connaissance vivante. 

Pendant cette résidence, nous avons fait du bâtiment théâtral et de ses alentours, notre terrain de recherche mais aussi le terrain de jeu de notre rencontre avec le public. Au dernier jour, le spectacle a surgi au fur et à mesure que nous écrivions la dramaturgie de nos présences communes.

Ces trois fois cinq jours ont rendu possible le passage d’un seuil, librement, intensément, avec l’accompagnement logistique, administratif et artistique des équipes d’accueil. Et nous terminons par le début d'une histoire que nous voulons poursuivre.