Camille Raséra

Et si on rêvait / Des femmes qui dansent sous les bombes - Mai 2017

Des femmes qui dansent sous les bombes

Camille Raséra pose ses valises au boson du 19 au 31 mai pour une résidence consacrée à deux projets.

Ton absence un creux par lequel m'évader, une nausée faîte d'abondance. Tu me protèges de la déchéance me permettant une pensée qui peut encore se diriger vers le lointain, ne pas se briser sous l'oppression de la bonne volonté, car sous son joug, même la chair se glace et les désirs se figent.

Et si on rêvait est une composition “mouvementée”, sur le passage - à l’âge adulte mais pas que, sur le passage tout court - d’un moi décidé par les autres à un moi qui se voudrait plus libre. C’est l’expulsion, le rejet de ce qui nous obsède, nous conditionne, nous enferme dans une identité que l’on n’a pas choisie. C’est la soif de métamorphose.
Ce sont des jeunes qui tentent de fuir la réalité - par l'enivrement ou le passage à l’acte extrême et irréparable - mais aussi qui se sentent le droit de dire : “soyons créateurs, non à ces prédictions qui font de nous des pions, non aux chemins tout tracés”. Ce sont deux corps qui cherchent une sortie dans le labyrinthe de leurs habitudes. 


Et si on rêvait est avant tout l’expression du mouvement qui nous anime : du mouvement contenu, inexprimé au mouvement qui surgit, s’amplifie et nous possède. Du mouvement qui se répète, nous envahit, nous obsède, nous soulage. Du mouvement qui exprime ce que la raison ne peut exprimer.

 

Des femmes qui dansent sous les bombes

Comment une femme, en République Démocratique du Congo, en vient-elle à s’engager dans l’armée régulière ?

Séraphine nous parle, à nous qui vivons loin des réalités de la guerre. Elle évoque son corps, ses cicatrices.

Elle danse. Et nous entraîne dans cette marche sauvage contre sa condition de femme. Dans ce pays où, la plupart du temps, les femmes “ne choisissent pas de charrier leur terres, d’être veuves, paysannes, filles mères, violées”.

Mais une rencontre va ébranler ses certitudes : peut-être y a-t-il aussi des victimes parmi les bourreaux.